LE POUVOIR SOVIÉTIQUE ET LA PAYSANNERIE DANS LES RAPPORTS DE LA POLICE POLITIQUE (1918-1929)

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Extraits du rapport du département Information de l'OGPU sur les formes d'antisoviétisme dans les campagnes en 1925-1927

Pas avant le 1er mars 1928

Introduction

On peut constater un changement radical des formes d'antisoviétisme dans les campagnes par rapport aux années précédentes. Avant la NEP, les mouvements antisoviétiques dans les campagnes étaient dirigés par des partis antisoviétiques constitués (SR, monarchistes, etc.), et prenaient la forme de grands mouvements de bandits et d'insurrections paysannes. Ces derniers temps, ces formes d'action ont quasiment disparu (la dernière grande insurrection paysanne — le soulèvement dit de Zazeïsk, en Extrême-Orient soviétique date de janvier 1924[36]).

Les manifestations d'antisoviétisme dans les campagnes ont pris, au cours des dernières années, les formes suivantes : 1- agitation contre-révolutionnaire (les formes les plus remarquables en sont l'agitation défaitiste et l'antisémitisme) ; 2- diffusion de tracts antisoviétiques ; 3- Propagande en faveur de la création d'unions paysannes ; 4- groupes koulaks antisoviétiques ; 5- Terrorisme koulak et hooliganisme politique ; 6- noyautage des institutions soviétiques locales par des éléments antisoviétiques ; 7- manifestations de masse.

Dès 1926, le département Information de l'OGPU avait demandé à ses services locaux d'améliorer la qualité de l'information, notamment en ce qui concerne les différentes formes d'antisoviétisme. Les résultats obtenus montrent qu'une attention plus grande a été portée par nos services au travail de renseignement opératif dans les campagnes. 1- Le nombre de nos objectifs a fortement augmenté ; 2- à partir de 1927, un repérage systématique des éléments antisoviétiques a été mis en place ; 3- dans toute une série de districts, sur la base des informations fournies par nos services, un suivi opératif des éléments antisoviétiques a été entrepris. Le matériau accumulé par nos services permet d'ores et déjà de faire un tableau d'ensemble des formes d'antisoviétisme dans les campagnes et des opérations à mener [...].

Agitation contre-révolutionnaire

L'agitation contre-révolutionnaire est la forme d'antisoviétisme la plus répandue dans les campagnes. Près de la moitié des individus repérés par nos services comme antisoviétiques ont été fichés pour agitation contre-révolutionnaire. Les formes d'agitation contre-révolutionnaire sont très diverses : discussions en petits groupes, interventions lors de réunions, conférences, congrès locaux, agitation et propagande menées dans les lieux publics (cafés, marchés, bibliothèques de village, etc.).

La teneur de cette agitation contre-révolutionnaire varie en fonction de la conjoncture politique, des régions (régions cosaques, des minorités nationales, etc.). Globalement, cependant, cette agitation est le reflet de l'idéologie d'une classe, celle des koulaks. Cette idéologie se résume aux points suivants : 1- opposition de la paysannerie, faisant bloc, à la ville et à la classe ouvrière ; 2- mise à l'écart des paysans pauvres et des autres éléments favorables au pouvoir soviétique ; 3- sabotage des mesures du gouvernement soviétique dirigées contre les koulaks (impôts, remembrement, etc.) ; 4- noyautage, par les éléments koulaks, des institutions soviétiques de base ; 5- préparation de la paysannerie à une lutte active contre le pouvoir soviétique et les communistes (propagande défaitiste, appels au soulèvement et au meurtre de communistes, etc.). Les mots d'ordre des koulaks exploitent généralement les peurs et les angoisses partagées par un grand nombre de paysans [...].

Particularités de l'agitation contre-révolutionnaire selon les régions de l'URSS

Dans un certain nombre de régions, l'agitation contre-révolutionnaire a des spécificités fortes. En Ukraine est largement répandue l'agitation « indépendantiste », qui souligne que l'Ukraine est « sous le joug de Moscou » et prône la lutte contre « l'oppression des Moscovites ». Dans le Nord-Caucase, ainsi que dans les autres régions où existent de fortes communautés cosaques (Kazakhstan, Oural, Sibérie), les milieux réactionnaires cosaques mènent une grande propagande en vue d'exacerber l'antagonisme entre les Cosaques et les non-Cosaques (agitation en faveur de l'expulsion des non-Cosaques, exclusion des non-Cosaques des assemblées locales, etc.). Cette propagande appelle au rétablissement des privilèges historiques des Cosaques, voire à l'indépendance des régions cosaques du Don et du Kouban. Enfin, dans les régions où existent des minorités nationales, la propagande koulak exacerbe les tensions nationales ; enfin la propagande antisémite est particulièrement développée en Biélorussie et en Ukraine.

Propagande défaitiste

Lorsque les tensions internationales et intérieures s'exacerbent, la propagande contre-révolutionnaire s'amplifie et prend la forme spécifique du défaitisme. Le défaitisme développe en général plusieurs thèmes : le « refus de la guerre » (« Que seuls les communistes et les ouvriers aillent combattre »,« Nous, on n'a rien à défendre dans ce système »), l'appel à la désertion et au banditisme, l'appel à l'activisme contre le pouvoir soviétique, etc. Une des formes les plus répandues de propagande défaitiste est la diffusion de rumeurs et de bruits provocateurs dans le but de semer la panique parmi les fonctionnaires soviétiques de base et de saboter le travail des administrations soviétiques. Les difficultés de l'Union soviétique sur la scène internationale, au cours des mois de juin-juillet 1927 (rupture des relations diplomatiques avec la Grande-Bretagne, actes terroristes dirigés contre des représentants soviétiques à l'étranger, etc.) ont stimulé le développement actif de l'agitation antisoviétique dans les campagnes [...]. Les chiffres témoignent de manière éloquente de cette vague d'humeurs défaitistes : 7 269 cas notés par nos services. Ces données sont loin d'être exhaustives (notamment pour les régions Nord-ouest, Ouest, Volga, Oural, Sibérie et Extrême-Orient) et ne prennent en compte que les mois de juin-juillet-août de l'année en cours [...].

Tracts antisoviétiques

La diffusion de tracts reste une forme marginale de l'agitation antisoviétique. Elle reste très localisée, les tracts ayant une diffusion strictement locale (ils sont écrits à la main) [...]. En 1926-1927, nos services ont comptabilisé 246 cas de diffusion de tracts pour l'ensemble du pays [...].

Propagande en faveur de la création d'unions paysannes

C'est dans cette propagande que l'on saisit le mieux l'aspiration des couches koulaks et antisoviétiques de constituer un « front uni » des campagnes contre les villes, les « unions paysannes » étant une sorte de parti paysan s'opposant à la dictature du prolétariat. La demande de création d'unions paysannes traduit également, parmi un certain nombre de paysans moyens et pauvres, une volonté de s'organiser pour améliorer les conditions économiques et culturelles de la paysannerie, les unions paysannes apparaissant dans ce cas comme une sorte d'imitation des syndicats ouvriers. La diffusion de l'idée d'unions paysannes est stimulée par l'existence, dans les campagnes, d'un nombre important de paysans ayant participé aux mouvements paysans des années 1905-1906 et 1917, sous la direction des unions paysannes socialistes-révolutionnaires, et par la grande popularité, parmi de larges couches de la paysannerie, des mots d'ordre de ces unions paysannes [...].

Étendue du mouvement et type de manifestations paysannes en faveur des unions paysannes

À partir de 1924, le mouvement paysan en faveur des unions paysannes recommence à se développer. Le nombre des demandes enregistrées par nos services en faveur de la création d'unions paysannes est le suivant : en 1924, 139 ; en 1925, 543 ; en 1926, 1 676 ; en 1927, 2 312. Ces chiffres montrent la progression incontestable de cette revendication, mais on notera aussi qu'ils traduisent une meilleure prise en compte, par nos services, et une meilleure surveillance des demandes paysannes [...].

Au cours des deux dernières années, plusieurs régions s'individualisent quant au nombre et à la croissance des demandes enregistrées : les régions centrales de la Russie (1 679 cas en 1924-1927), l'Ukraine (867 cas), le Nord-Caucase (655 cas), et dans une moindre mesure, la région Volga (330 cas), la Sibérie (284 cas) et la région Ouest (301 cas). On notera en particulier la grande diffusion du mouvement dans la province de Moscou, dans laquelle on a enregistré en 1926-1927, 455 cas d'agitation en faveur des unions paysannes [...].

Les principales revendications mises en avant lors des demandes d'unions paysannes sont les suivantes :

  1926 1927
Une organisation ouvertement politique
(comme un parti politique des paysans)
17,5 % 22,6 %
Une organisation réglementant les prix des céréales
et des produits manufacturés
34,8 % 33,1 %
Une sorte de syndicat paysan 29,3 % 30,7 %
Une organisation de défense des contribuables 17,7 % 11,5 %
Une organisation commerçant avec l'étranger 0,7 % 0,2 %
Une organisation liée aux opposants internes au Parti - 0,7 %

Il ressort de ce tableau que les principales revendications concernent la régulation des prix (dans les régions agricoles comme l'Ukraine ou le Nord-Caucase, ce pourcentage monte jusqu'à 60 %) et la création d'une sorte de syndicat paysan. Les revendications de type politique (par exemple, la revendication d'une union paysanne panrusse ou englobant l'ensemble du pays) sont cependant non négligeables et ont tendance à croître [...].

Groupes de koulaks et groupes antisoviétiques

Les groupes rassemblant koulaks et éléments antisoviétiques apparaissent comme des sortes de cellules koulaks. Si à travers l'idée d'unions paysannes les éléments antisoviétiques des campagnes tentent de rassembler sous leur direction, sous une apparence légale, de vastes couches de la paysannerie contre la ville, à travers les groupes koulaks, les koulaks agissant de concert avec l'ensemble des forces antisoviétiques et des éléments étrangers au pouvoir soviétique constituent d'ores et déjà leurs propres organisations illégales ayant pour objectifs de mener une lutte active contre les paysans pauvres et les activistes soviétiques, de saboter les mesures prises par le gouvernement soviétique, de noyauter les institutions soviétiques à la base et de détourner la politique de classe menée par le pouvoir soviétique à leur profit exclusif.

Développement et évolution numérique des groupes koulaks

Jusqu'en 1924-1925, l'activisation des koulaks, observée depuis l'introduction de la NEP, s'est manifestée principalement dans des actes de terrorisme contre les éléments soviétiques dans les campagnes et dans quelques tentatives d'organisation de groupes illégaux (principalement dans le Nord-Caucase). Au printemps 1925, au cours de la campagne électorale en vue de l'élection des soviets ruraux, les groupes koulaks connaissent, en tant qu'organisations semi-légales, une large diffusion. Les campagnes électorales suivantes (1926 et 1927) voient la constitution d'un nombre croissant de groupes koulaks, qui mènent une lutte pour la conquête des appareils soviétiques locaux. Généralement, à la fin de la campagne électorale, ces groupes se dissolvent. Il existe aussi des groupes plus stables, qui se créent en dehors du processus électoral et ont des buts différents — la lutte contre le remembrement, contre la politique fiscale, le discrédit des institutions soviétiques de base, le noyautage des appareils locaux, la lutte contre le travail politique et culturel mené par les activistes soviétiques, le terrorisme contre les éléments soviétiques des campagnes. Le nombre total des groupes répertoriés et enregistrés dans l'Union (à l'exception des régions nationales) est de 2 161 (pour la période novembre 1925-janvier 1928) [...].

Formes de groupes koulaks. Les formes les plus fréquentes sont les suivantes :

a) groupes « électoraux », ayant pour but de s'emparer du pouvoir dans les appareils soviétiques de base et les autres organisations élues

Ces groupes se forment en général bien avant la tenue des élections et préparent à l'avance des listes de candidats, tiennent des réunions secrètes, prennent contact avec les villages avoisinants. Un exemple frappant de tels groupes est l'organisation « Le laboureur » du bourg Mikhaïlovskoïe (district de Vladivostok). Ce groupe, qui existait depuis 1925, avait des contacts avec un grand nombre de villages environnants, et durant deux ans est parvenu à infiltrer un de ses représentants au Comité exécutif du district. Celui-ci a même été élu président du comité de district. À ce poste, il a discrédité le pouvoir soviétique. Aux élections de 1927, le groupe est parvenu à faire élire ses représentants dans un nombre considérable de villages, mais a échoué à faire passer un nouveau représentant au comité exécutif de district. À la fin de l'été 1927, le groupe a de nouveau renforcé ses activités en vue de la préparation des prochaines élections. En décembre 1927, le département de district de l'OGPU a entrepris une opération visant à liquider le groupe « Le laboureur » (malgré l'arrestation des dirigeants, le groupe n'a pas cessé ses activités) [...].

b) groupes contre-révolutionnaires à coloration monarchiste et cléricale

Environ 10 à 12 % des groupes répertoriés en Union soviétique ont une coloration nettement contre-révolutionnaire (ce pourcentage est un peu plus élevé dans le Nord-Caucase, la Sibérie et l'Extrême-Orient soviétique). Caractéristiques de ces groupes contre-révolutionnaires sont, par exemple, les groupes opérant en Extrême-Orient en relation avec des organisations de gardes-blancs basées de l'autre côté de la frontière ainsi que les nombreux groupuscules cosaques du Nord-Caucase [...].

c) Groupes luttant contre le remembrement

Peu importants numériquement (5 à 10 personnes), ces groupuscules particulièrement répandus dans les grandes régions agricoles (Ukraine, Sibérie, Nord-Caucase) sabotent systématiquement le remembrement, tentent de jouer un rôle important dans toutes les assemblées et réunions, de noyauter les commissions agraires locales. Ces groupes terrorisent souvent les éléments soviétiques et les paysans qui s'opposent à eux [...].

d) groupes s'opposant aux campagnes fiscales

Ces groupes mènent avant tout une agitation antifiscale, encouragent les paysans à cacher leurs revenus, organisent des pétitions pour une baisse des impôts, etc.

e) groupes ayant pour objectif de porter le discrédit sur les institutions soviétiques de base [...]

f) groupes sabotant le travail politique et culturel mené par les activistes soviétiques [...]

Terrorisme et hooliganisme politique

On assiste à un développement du terrorisme koulak

Ainsi, en 1924, on avait enregistré 339 actes divers de terrorisme (meurtres, coups et blessures, etc.). En 1925, 902. En 1926, 711. En 1927, 901. Le terrorisme est particulièrement développé en Sibérie (où en 1924, se sont produits 60 % des actes terroristes enregistrés dans l'ensemble du pays, soit 178 cas sur 339). Pour les années 1924-1927, plus de 30 % de tous les actes terroristes (883 sur 2 853) ont eu lieu en Sibérie. Parmi le autres régions, on note la région Centre (393 cas), l'Ukraine (370 cas), l'Extrême-orient soviétique (313 cas). Dans les autres régions, le nombre de cas de terrorisme oscille, pour la période considérée, entre 100 et 200.

En 1926, sur les 711 cas répertoriés, les meurtres : 110 représentaient 15,5 % des cas ; les coups et blessures : 290, 40,8 %, les tentatives d'assassinat : 240, 37 %. En 1927, le nombre de meurtres, de coups et blessures diminue : 80 meurtres et 313 cas de coups et blessures [...].

Hooliganisme politique

En 1926, on a noté un accroissement considérable du hooliganisme dans les campagnes. Dans un certain nombre de régions, ce hooliganisme a dégénéré en hooliganisme politique. Le laxisme généralisé des tribunaux et de la police conduit de fait à une impunité des hooligans. Les koulaks exploitent donc ce hooliganisme dans leurs buts politiques (perturbation et sabotage des réunions publiques, mise à sac des clubs ruraux et des bibliothèques, terrorisme). Le hooliganisme politique se développe tout particulièrement en Ukraine, dans les régions nord-ouest, dans le Nord-Caucase, dans l'Oural, en Sibérie et en Extrême-Orient soviétique [...].

Pollution des appareils soviétiques locaux par des éléments antisoviétiques

Malgré l'amélioration globale de la qualité des appareils locaux et en particulier des organisations sociales dans les campagnes, on note encore, dans de nombreuses régions de l'URSS, une forte pollution des institutions par des éléments antisoviétiques [...]. Ainsi, en Ukraine, le contrôle des soviets ruraux à la veille des élections de cette année a permis de démasquer 6 085 individus (en moyenne 150 par district) membres des soviets ruraux sur lesquels l'OGPU avait un dossier compromettant (activités antisoviétiques, passé antisoviétique etc.). Une enquête partielle sur la situation des appareils soviétiques locaux dans la région d'Armavir a montré, sur 9 districts, que parmi les 4 269 personnes travaillant dans ces appareils, 1 483 — soit 32, 4 % — avaient un profil antisoviétique (koulaks, ex-Blancs, Tikhoniens[37], Cosaques, etc.) [...].

Manifestations de masse

On a enregistré en 1926-1927 un nombre peu important de manifestations de masse [...]. En général, cependant, on a constaté qu'un nombre respectable de personnes participaient à ces manifestations. Ainsi, dans 30 des 63 manifestations en 1926-1927, sur lesquelles nous disposons de données précises quant au nombre de participants, 8 700 personnes ont été impliquées (soit, en moyenne, 300 personnes par manifestation enregistrée). Dans un certain nombre de cas, les autorités locales ont dû faire appel à la force armée qui a tiré en l'air (provinces de Koursk, de Gomel, districts Slavgorodskii et Barabinskii en Sibérie, région de l'Amour, district Toulchinskii en Ukraine). Dans certains cas, il y a eu des tirs venant de la foule (provinces de Voronej, de Gomel). Lors de ces manifestations de masse, les objectifs des organes de l'OGPU doivent être la recherche des raisons ayant conduit à ces événements et l'identification des activistes. Parallèlement, il est indispensable d'essayer d'éviter de tels incidents en surveillant de manière efficace et opérative tous les endroits où peuvent se réunir des foules importantes de paysans (foires, marchés, etc.).

Source : TsA FSB 2/5/389/1-24


Notes

[36]. Le soulèvement de Zazeïsk (14 janvier - début février 1924) eut lieu dans les districts frontaliers de la province de l'Amour (Extrême-Orient soviétique). Organisé par un ancien officier de l'Armée blanche, Nikolaï Mankov, ce soulèvement reçut le soutien des paysans locaux, mécontents de la politique soviétique à leur égard. Les insurgés (plus de 1 000 hommes, mal armés) mirent sur pied un éphémère « gouvernement provisoire », dirigé par Nikolaï Mankov. Les principaux mots d'ordre des insurgés étaient : « L'Assemblée constituante et l'ordre ! », « Opprimons les oppresseurs ! ». Les forces spéciales de l'OGPU puissamment armées vinrent sans difficultés à bout de l'insurrection. Plus de 1 000 insurgés se rendirent, 167 furent tués au combat. Les pertes de l'OGPU s'élevèrent à 5 tués, 8 disparus et 8 blessés.

[37]. Les « Tikhoniens » étaient, aux yeux des autorités soviétiques, les partisans du Patriarche de Toutes les Russies Tikhon. Celui-ci avait été démis de son titre, le 12 mai 1922, par un « concile rénovateur » composé d'une minorité d'évêques favorables au régime soviétique. Ce « concile rénovateur » mit en place un Conseil suprême de « l'Église rénovée ». Le gouvernement soviétique entérina la destitution du Patriarche Tikhon.