Pas avant le 1er juin 1929
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Régions productrices de céréales
Ukraine. Régions méridionales touchées par une mauvaise récolte l'an dernier (Kherson, Odessa, Pervomaïsk, Zinovievsk). Depuis la fin de l'hiver, les difficultés alimentaires ont gagné d'autres régions encore : Zaporojie, Dniepropetrovsk, Krementchoug, Poltava, Kiev, Vinnitsa, Marioupol, Oumansk.
Nord-Caucase. Sont touchées les régions de Salsk, Donetzk, Stavropol, la côte de la Mer Noire (à des degrés divers). Dans les régions du Kouban, d'Armavir, de Maïkop, les difficultés alimentaires n'ont touché que quelques districts, et pas avec une grande acuité.
Extrême-Orient soviétique. Les régions les plus touchées par la mauvaise récolte de l'an dernier sont les régions de l'Amour, de Vladivostok, de Tchita [...].
État d'esprit de la paysannerie en relation avec les difficultés alimentaires
Dans les régions qui connaissent des difficultés alimentaires, l'état d'esprit de la majorité des paysans en manque de pain (paysans pauvres et moyens-pauvres) s'est nettement dégradé. On note une montée du mécontentement à l'égard des autorités locales accusées de ne pas prendre de mesures pour aider en pain la population affamée. Dans le Nord-Caucase et en Ukraine, les paysans pauvres appellent à des « mesures radicales pour mettre fin à la spéculation », à la punition (confiscation des céréales) des koulaks et des paysans aisés qui accaparent le pain, menaçant de mener eux-mêmes les opérations de confiscation si les autorités ne se bougent pas. « On ira perquisitionner nous-même, et on trouvera de la farine pas seulement chez les koulaks mais aussi chez les fonctionnaires et les communistes » (district de Stavropol). Les paysans pauvres de Riasinskii (province de Pskov) ont dit : « Si on ne nous donne pas de pain, on ira casser du koulak et piller les coopératives ». « Soit il nous faudra crever de faim, soit réquisitionner comme en 1918 » (un paysan pauvre de Tolotovo, province de Novgorod). À Krasnoarmeïsk (province de Pskov), une assemblée de paysans pauvres a voté la résolution suivante : « Perquisitionner chez les koulaks et donner au gouvernement le pain confisqué pour qu'il le distribue parmi ceux qui en ont besoin ». On a noté également des humeurs très antikoulaks dans un certain nombre de villages des régions de Tchita, Khabarovsk et Sretensk (Extrême-Orient soviétique), où les paysans pauvres affamés menacent de mettre à sac les greniers à blé.
En réclamant une aide en pain, les paysans pauvres et moyens menacent souvent de mettre à sac les coopératives et les bâtiments soviétiques si la situation alimentaire ne s'améliore pas dans les plus brefs délais. De telles menaces sont particulièrement fréquentes dans les districts de la région de Leningrad touchés par la faim.
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Dans la quasi-totalité des régions touchées par des difficultés alimentaires, on observe, parmi les paysans pauvres et les paysans moyens, une forte remontée de l'antagonisme vis-à-vis des ouvriers et des citadins. Ces sentiments sont exacerbés par l'agitation des éléments antisoviétiques des campagnes et des koulaks. Dans le district Zinovievskii (Ukraine) lors de la réunion générale des paysans du bourg de Grouchni, on a entendu les propos suivants : « Vous pouvez toujours causer, vous les ouvriers, vous recevez dans votre usine de la farine et tous les produits que vous voulez, tandis que nous les paysans on crève de faim. On a pris le pain des paysans pour nourrir les ouvriers. En ville, les gens s'empiffrent, et nous on s'enfle parce qu'on a faim ». À Potchinkovskoïe (province de Toula), des paysans pauvres ont dit au président du soviet rural : « Le pouvoir soviétique a fait une révolution uniquement pour les ouvriers. On leur a augmenté les salaires, on leur a diminué la journée de travail. Eux, ils sont les seuls à vivre bien de nos jours, quant aux moujiks, ils crèvent de faim ».
Source : TsA FSB 2/7/86/78-94