Le 23 juin 1930
Dans le district d'Izioumsk, la situation alimentaire est très tendue. Les paysans pauvres et moyens assiègent quotidiennement, par groupes de 18-20 personnes, les soviets ruraux et les comités exécutifs, exigeant qu'on leur délivre du pain. « On nous a tout pris pour remplir le plan de livraison et maintenant, on crève de faim ». Ces individus menacent, si on ne leur donne pas satisfaction, de piller les silos et les hangars collectifs et de cesser de travailler dans les champs collectifs.
À cause des difficultés alimentaires, le mécontentement a gagné également une partie des partisans rouges *. Ceux-ci déclarent : « On a combattu, on a combattu, et maintenant on nous fait crever de faim ! ».
Dans certains arrondissements du district d'Izioumsk, on a noté que les paysans refusaient souvent de participer aux corvées de transport de bois et de matériaux pour la construction de routes et d'un pont d'importance stratégique. Dans le bourg Petrovka (arrondissement Petrovskii), la population n'a pas fourni un seul des 180 attelages exigés. Rassemblée autour du soviet rural, une foule déchaînée de paysannes criait : « On n'a rien à manger, les chevaux n'ont rien non plus. Les atteler — c'est les faire crever ! » [...]
On a noté une émeute de masse dans le village de Bakhmutovka (district de Lougansk) : le 10 juin, une foule de près de 300 personnes s'est rassemblée près du soviet rural en réclamant du pain. Les gens criaient : « Il faut faire une insurrection et obtenir du pain par la force ! » « À quoi bon manifester ici ? Il faut tuer quelques fonctionnaires soviétiques, alors seulement ils nous donneront du pain ! » La foule ne s'est dispersée qu'après que le secrétaire de cellule du Parti a déclaré « qu'il allait immédiatement se rendre au chef-lieu de district pour demander du pain ». Le lendemain, vers deux heures du matin, une foule de 100 personnes environ se rassembla près de la maison du secrétaire de cellule, frappant aux fenêtres et menaçant de représailles le fonctionnaire. La foule exigeait « qu'on lui livrât du pain dans un délai de deux jours, faute de quoi les silos et les hangars collectifs seraient pris d'assaut, et les céréales distribuées aux nécessiteux ». La foule organisa, près du moulin, une garde chargée d'empêcher toute sortie de farine. Avant ces troubles, 194 familles du village avaient fait une demande d'aide alimentaire (pour 496 personnes). 86 familles n'avaient plus de réserves ; les 108 autres n'avaient de réserves que pour 2-3 semaines.
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Le chef du Département Information de l'OGPU, Zaporojetz
Le chef-adjoint du Département Information, Nazarbekova
Source : RGAE, 7486/37/132/61-68