17 novembre 1930. Strictement confidentiel
Depuis le début de l'offensive contre les éléments capitalistes, la lutte des classes dans les campagnes a été marquée par une forte croissance de l'activité contre-révolutionnaire des koulaks. Avec le début de la transformation socialiste des campagnes, la collectivisation des exploitations des paysans pauvres et moyens et la liquidation des koulaks en tant que classe, la lutte des koulaks contre le pouvoir soviétique a pris des formes particulièrement variées et de plus en plus violentes.
L'ampleur et les méthodes de lutte des koulaks ont évolué de la manière suivante :
1 - Sabotage de la base matérielle des exploitations collectives et des sovkozes :
— en 1927 : 78 incendies
— en 1928 : 307 incendies
— en 1929 : 1 604 incendies.
2 - Terrorisme koulak dirigé contre les activistes du Parti et des soviets (meurtres, coups et blessures) :
— en 1927 : 901 cas
— en 1928 : 1 153 cas
— en 1929 : 9 137 cas.
3 - Appels à des manifestations antisoviétiques (organisation d'une résistance organisée aux mesures prises par le pouvoir soviétique — campagnes de collecte, collectivisation, etc.)
— en 1927 : 32 manifestations de masse
— en 1928 : 709>
— en 1929 : 1 307.
Dès 1929, un certain nombre de manifestations de masse se sont transformées en émeutes contre-révolutionnaires, au cours desquelles des représentants du pouvoir soviétique ont été massacrés (Kabardie, région de Stavropol, région du Syr-Daria, etc.).
À partir de la seconde moitié de 1929, les koulaks consolident leurs forces et mettent sur pied des organisations et des groupes contre-révolutionnaires, avec pour objectif la lutte armée contre le régime soviétique.
La croissance des organisations contre-révolutionnaires en 1929 est révélée par les données suivantes : durant cette année (et notamment au cours des derniers mois de l'année) ont été liquidées : 222 organisations contre-révolutionnaires (9 159 participants arrêtés) ; 6 764 groupes contre-révolutionnaires (38 405 participants) .
Au printemps 1930, les koulaks mettent en oeuvre d'autres formes de lutte, en particulier l'abattage massif du cheptel, la fuite et l'auto-dékoulakisation.
À partir de février 1930, on assiste à une croissance très rapide de la contre-révolution koulak dans les campagnes.
1 - Le nombre des organisations contre-révolutionnaires dirigées par des koulaks connaît une véritable envolée. Toutes ces organisations tentent d'établir un contact avec les éléments contre-révolutionnaires urbains, indépendamment des spécificités nationales et sociales.
2 - Les koulaks s'opposent activement au mot d'ordre du Parti « La liquidation des koulaks en tant que classe », visant non seulement à se défendre, mais à passer à l'offensive. En janvier—avril 1930, 206 organisations contre-révolutionnaires sont liquidées (avec 8 790 participants) ainsi que 6 827 groupes contre-révolutionnaires (50 009 participants arrêtés).
3 - Le nombre des manifestations de masse, inspirées ou dirigées par les koulaks, évolue ainsi :
— en janvier 1930 : 401 manifestations, avec 109 846 participants
— en février 1930 : 1 066 manifestations, avec 241 196 participants
— en mars 1930 : 6 512 manifestations, avec 1 434 588 participants.
4 - Les mots d'ordre des manifestants sont de plus en plus radicaux et empreints d'un caractère de classe. Parallèlement à la montée de l'activisme contre-révolutionnaire des manifestants, leur nombre augmente considérablement.
On notera que pour la seule RSS d'Ukraine, du 20 février au 20 avril 1930, 1 895 bourgs et villages ont été le théâtre de troubles (398 arrondissements de 41 districts).
La plupart des manifestations de masse, notamment là où ont eu lieu des excès de zèle de la part des autorités locales, étaient dirigées contre la collectivisation et la dékoulakisation.
Il est important de noter que les femmes ont représenté jusqu'à 75 % des manifestants.
5 - Le nombre des actes terroristes a augmenté de 808 en janvier à 1 368 en février 1930. La quantité de tracts antisoviétiques a également cru considérablement.
6 - En février-mars 1930, les koulaks ont su exploiter intensivement les excès commis par les autorités locales, l'absence de travail explicatif et les difficultés organisationnelles des kolkhozes et sovkhozes nouvellement créés. En février-mars, les koulaks, ragaillardis par leurs succès (manifestations antisoviétiques, sorties massives de paysans des kolkhozes, etc.), ont appelé non seulement à la dissolution des soviets et à la chasse aux communistes et aux activistes, mais aussi à l'insurrection armée (notamment dans les régions frontalières de l'URSS).
7 - Du 1er février au 30 mai 1930, 30 310 personnes ont participé à des insurrections koulaks (33 insurrections). Les plus importantes ont été les suivantes :
— a) insurrection de Suzak (district de Kzyl-Orda) : 2 000 participants ;
— b) insurrection d'Irgiz (districts de Kustanaï et d'Aktiubinsk) : 2 500 participants ;
— c) insurrection de Kzyl-Orda (sous la direction de Djumagazi) : 4 500 participants ;
— d) insurrection de Kurakh (Dagestan) : 2 500 participants ;
— e) insurrection de Narochensk (Transcaucasie) : 1 200 participants ;
— f) insurrection de Nukha-Zakatal'sk (Azerbaïdjan) : 3 700 participants.
À la suite de la liquidation de ces insurrections, les leaders koulaks ont néanmoins réussi à pérenniser des bandes armées qui ont continué à sévir dans un grand nombre de régions. Lors de la liquidation des insurrections armées, en janvier-avril 1930, ont été tués : 2 686 chefs de bande et participants actifs aux émeutes koulaks ; en outre 7 310 individus se sont rendus. La taille moyenne des bandes armées s'est accrue de 14 individus en 1929 à 178 en 1930. On notera que le banditisme est aujourd'hui la forme majeure de l'activité contre-révolutionnaire dans les campagnes.
8 - Les mesures prises à temps par les organes de l'OGPU, conformément aux instructions du CC du Parti communiste, ont permis, vers la fin du mois d'avril 1930, de briser le front insurrectionnel koulak. Par ailleurs, la fin des excès les plus criants dans la pratique de la collectivisation a favorisé la décrue des émeutes et autres manifestations de masse dans les campagnes, ceci dans toutes les régions de l'URSS.
Au cours de la première phase des opérations (du 1er janvier au 15 avril 1930), ont été arrêtés, en 1re catégorie, 140 724 individus, dont :
— koulaks : 79 360 (56,3 %)
— membres du clergé : 5 028
— ex-propriétaires fonciers, chefs d'entreprise, etc. : 4 405
— autres éléments antisoviétiques : 51 961
Au cours de la seconde phase des opérations (du 15 avril au 1er octobre 1930), ont été arrêtés, en 1re catégorie, 142 993 individus, dont :
— koulaks : 45 559 (31,9 %)
— autres éléments antisoviétiques : 97 434.
1- Devaient être déportés dans les régions septentrionales de l'URSS les koulaks les plus aisés et les activistes antisoviétiques, ainsi que leurs familles. La déportation des koulaks de 2e catégorie a commencé en février 1920 et a pris fin vers le 20 mai 1930.
Ont été déportés :
| de la RSS d'Ukraine | 20 761 familles | 99 086 individus |
| de la région centrale des Terres noires | 8 237 familles | 42 837 individus |
| de la région Basse-Volga | 8 237 familles | 40 001 individus |
| de la région Moyenne-Volga | 5 873 familles | 31 037 individus |
| de la RSS de Biélorussie | 9 231 familles | 44 083 individus |
| de la région Nord-Caucase | 10 595 familles | 51 577 individus |
| de Crimée | 3 179 familles | 14 029 individus |
| de la République du Tatarstan | 1 605 familles | 8 100 individus |
| d'Asie centrale | 159 familles | 197 individus[9] |
| de l'Oural | 324 familles | 1 453 individus |
Total déportés (d'une région à une autre) : 67 895 familles 332 400 individus
En sus de ce nombre, ont été déportés, en 2e catégorie, à l'intérieur de leur région (déportation intra-régionale) :
| en Sibérie | 16 025 familles | 82 922 individus |
| en Oural | 13855 familles | 66 774 individus |
| au Kazakhstan | 1 265 familles | 8 393 individus |
| dans la région de Léningrad | 600 familles | 2 555 individus |
| en Extrême-Orient soviétique | 447 familles | 2 235 individus |
| dans la région Nord | 61 familles | 305 individus |
Total déportés (à l'intérieur de leur région) : 32 253 familles, 163 184 individus
Grand total des déportés en 2e catégorie : 100 148 familles, 495 584 individus
Parallèlement à une attitude positive des masses paysannes vis-à-vis de la déportation des koulaks, il y a eu de nombreux cas d'intervention d'une partie des paysans moyens en faveur des koulaks, sous l'influence de la propagande koulak. Outre des actions ouvertement antisoviétiques, les koulaks ont réagi en s'auto-dékoulakisant et en prenant la fuite. La fuite des koulaks s'est produite tout particulièrement au moment où étaient discutées et approuvées par les assemblées paysannes les listes des gens à déporter en 2e catégorie. Les koulaks se sont enfuis principalement vers les centres industriels et un certain nombre de régions éloignées, comme la Sibérie, le Caucase, l'Asie centrale, l'Oural, etc. Pour la seule région du Nord-Caucase, on estime à plus de 20 000 le nombre de koulaks qui ont pris la fuite avant d'être déportés.
2 - La majeure partie des koulaks déportés de 2e catégorie ont été installés dans la région Nord et dans l'Oural ; les autres, en Sibérie, dans l'Extrême-orient soviétique, au Kazakhstan et dans la région de Léningrad.
| dans la région Nord | 46 623 familles | 230 370 individus |
| dans l'Oural | 30 474 familles | 145 205 individus |
| en Sibérie | 16 837 familles | 100 474 individus |
| au Kazakhstan | 1 424 familles | 8 590 individus |
| en Extrême-Orient | 2 865 familles | 16 087 individus |
| dans la région de l'Aldan | 287 familles | 2 007 individus |
| dans la région de Léningrad | 2 140 familles | 11 054 individus |
| Total | 100 165 familles | 513 787 individus |
3 - En outre, afin de nettoyer les zones frontalières occidentales de leurs éléments contre-révolutionnaires, il a été procédé, en mai 1930, à la déportation des chefs de familles contre-révolutionnaires des districts frontaliers de l'Ukraine et de Biélorussie.
Au total : déportés de la RSS d'Ukraine dans le cadre de cette opération : 14 894 individus ; de la RSS de Biélorussie : 3 309 individus. La plupart des individus d'Ukraine ont été envoyés en Sibérie ; une partie en Extrême-Orient soviétique (chantiers aurifères du trust Soyouzzoloto). Les individus de Biélorussie ont été en partie envoyés en Extrême-orient soviétique (chantiers aurifères du trust Soyouzzoloto) ; le reste : dans la région de l'Aldan.
4 - Afin de nettoyer totalement les zones frontalières occidentales de l'ensemble de leurs éléments contre-révolutionnaires et mettre un terme à la fuite et au retour des chefs de famille déportés, à la fin du mois d'octobre 1930 l'OGPU a été chargée d'expédier les membres de la famille des koulaks déportés vers le lieu d'installation des chefs de famille. L'opération a débuté en Ukraine le 27 octobre et s'est achevée le 6 novembre ; en Biélorussie, elle a débuté le 12 novembre et s'est achevée le 15 novembre.
Nombre d'individus déportés : d'Ukraine : 10 769 familles, soit 31 504 individus.
De Biélorussie : 5 509 individus.
1 - Région Nord
Des accords ont été passés avec les organismes suivants pour l'exploitation des koulaks déportés :
— Severoles : 34 000 familles
— Komiles : 500 familles
— TLO Severnoi : 3 500 familles
— Stroïotdel : 1 500 familles
— Volgokaspiiles : 1 000 familles
Principaux problèmes rencontrés :
a) faible encadrement de la part de la Direction des installations des déportés ;
b) attention insuffisante portée à la question du logement des déportés : au 1er juillet, à peine 3 % du plan de construction des logements avait été réalisé (25,8 % en cours de réalisation).
Principales raisons expliquant ce retard : absence d'hommes en état physique d'assurer la construction, la plupart étant exploités sur les coupes de bois ; déficit de matériaux de construction ; problèmes d'approvisionnement alimentaire, qui a pour conséquence une fuite massive des koulaks vers les sites de coupe de bois, où les conditions d'approvisionnement sont moins mauvaises.
2 - Oural
Des accords ont été passés avec les organismes suivants pour l'exploitation des koulaks déportés :
— Kamourallestrest : 12 200 familles ;
— Volgokaspiiles : 9 500 familles ;
— Oural met : 7 500 familles ;
— Rybtrest : 3 000 familles ;
— Ouralougol' : 500 familles ;
Les principaux problèmes rencontrés sont identiques à ceux déjà exposés pour la région Nord. On note également qu'une partie conséquente (25 % environ) des koulaks en état de travailler n'est pas exploitée à cause du désordre général qui règne dans les organismes, en manque permanent d'outils de travail.
3 - Sibérie
Tous les déportés en état de travailler ont été enregistrés auprès d'organismes économiques. Toutefois, les administrations régionales ne maîtrisent pas la situation et n'ont pas une vision globale précise des flux de déportés, de leur installation. La construction des villages spéciaux est stoppée ; les ressources financières ont été dilapidées ou non utilisées. L'absence de logements, le désordre dans l'affectation au travail, la faible surveillance des contingents de déportés ont eu pour conséquence un taux élevé de fuite des déportés.
4 - Extrême-Orient soviétique
Le trust Soyouzzoloto n'a pris aucune mesure pour organiser l'accueil des déportés qui lui ont été transférés. Les koulaks sont installés dans des logements provisoires (baraquements ou tentes) totalement inadéquats pour l'hiver qui approche. L'approvisionnement en nourriture, en vêtements, en médicaments est très mal organisé.
5 - Kazakhstan
L'ensemble des koulaks déportés, pris en charge par le trust Karso, sont installés sur les rives et les ilôts de la mer d'Aral et se trouvent dans des conditions proches de celles décrites ci-dessus pour l'Extrême-Orient soviétique.
6 - Région de Léningrad
Tous les koulaks déportés sont exploités dans les mines d'apatite de Khibiny.
1 - Les immenses problèmes rencontrés dans la construction des logements, l'approvisionnement des déportés, sont exploités par la partie la plus active des koulaks, qui en profitent pour multiplier les formes de résistance et de sabotage — grèves, arrêts de travail, etc. Le désordre dans l'affectation des déportés et la faiblesse de la surveillance favorisent la fuite — massive — des koulaks déportés. Ceux-ci mettent à profit les liens qu'ils ont tissés avec les fonctionnaires locaux pour se faire faire de faux papiers. La fuite des koulaks est facilitée par l'absence de tout contrôle efficace sur les contingents de la part des organismes économiques chargés de les exploiter. Ainsi, dans la région de Perm, l'absence de contrôle de la part des organismes forestiers a conduit à la fuite de 1 838 déportés (sur un total de 6 635). Dans la région de Taguil, la fuite des koulaks a été facilitée par le fait que les autorités locales avaient, à tort, délivré des livrets de travail avec la mention « travailleur saisonnier » aux déportés, sans spécifier qu'il s'agissait d'ex-koulaks.
2 - Les fuyards, de retour chez eux ou installés dans des zones périphériques du pays, constituent l'ossature des nombreuses bandes de hors-la-loi, en forte croissance, qui mènent un travail de sape contre-révolutionnaire. Ainsi, sur les 28 bandes qui, au 15 août 1930, opéraient en Ukraine, on comptait 116 ex-koulaks en fuite. D'après des données incomplètes, du 1er janvier au 1er novembre 1930, les ex-koulaks en fuite ont participé à 82 bandes, au nombre de 1 366 individus.
Au 15 octobre 1930, le nombre de koulaks déportés en fuite était le suivant :
Enfuis de la région Nord : 29 035. Rattrapés : 16 368
Enfuis de la région Oural : 6 000. Rattrapés : 1 365
Enfuis de Sibérie : 12 000. Rattrapés : 3 807
Enfuis du Kazakhstan : 1 400. Rattrapés : 8
Enfuis de l'Extrême-Orient : 50. Rattrapés : 12
3 - On a noté que les koulaks déportés ont tendance à se faufiler dans les appareils soviétiques et économiques locaux sur les lieux de déportation et à établir des contacts avec les fonctionnaires de base des appareils locaux. Là où les koulaks ne sont pas isolés des travailleurs libres (sur des sites de construction et des chantiers, par exemple), on observe une recrudescence des humeurs antisoviétiques — appels à des arrêts de travail, à des grèves, etc.
4 - Installés en déportation, les koulaks tentent d'établir le contact avec les éléments contre-révolutionnaires locaux, mènent une agitation contre les collectes d'état et, en général, contre l'ensemble de la politique gouvernementale dans les campagnes. Dans certains villages, les koulaks ont organisé ouvertement des réunions, appelées « soirées d'union avec la population locale », au cours desquelles, en présence des fonctionnaires locaux, ils n'ont pas hésité à mener une agitation antisoviétique, appelant la population locale à « soutenir leurs revendications légitimes », et notamment la suppression des mesures d'exil et d'assignation à résidence. On a noté enfin toute une série de manifestations de masse, qui s'apparentaient à de véritables émeutes.
Les déplacements forcés de koulaks de 3e catégorie à l'intérieur des districts ont été marqués par une série de défauts :
1- absence de planification, qui aboutit au fait que les koulaks déplacés et réinstallés hors de leur village se retrouvent en contact avec la population paysanne locale qu'ils contaminent (région centrale des Terres noires) ;
2 - pas de logements, ni d'outils agricoles en quantité suffisante pour les koulaks déplacés (ce qui a pour résultat la fuite des koulaks déplacés et le renforcement des bandes de hors-la-loi) ;
3 - absence de surveillance des koulaks déplacés ;
4 - ainsi, les koulaks dékoulakisés et déplacés, mais pas déportés, continuent de mener des actions antisoviétiques, qui freinent la reconstruction socialiste des villages. Ils constituent un vivier pour les bandes de hors-la-loi qui terrorisent les campagnes.
D'après des données incomplètes, le déplacement à l'intérieur des districts de koulaks de 3e catégorie a concerné 42 708 familles — soit 220 000 personnes environ.
La baisse radicale du nombre de manifestations de masse antisoviétiques à partir du mois de mai 1930 montre que la déportation des koulaks a permis d'extirper les cadres contre-révolutionnaires au bon moment, c'est à dire à l'apogée du mouvement, lorsque les koulaks ont lancé leur offensive ouverte contre le pouvoir soviétique. En Ukraine, le nombre de manifestations de masse contre-révolutionnaires est passé de 2 945 en mars à 208 en mai. Dans les régions agricoles consommatrices, le nombre des manifestations de masse est passé de 809 en mars à 171 en mai. Dans d'autres régions (Sibérie, Basse-Volga), la décrue est plus lente. Les forces contre-révolutionnaires encore présentes dans les campagnes (il s'agit, pour l'essentiel de koulaks dékoulakisés, mais non encore déportés) ont tiré la leçon de leur défaite du printemps. Cet automne, ils tentent de consolider leurs positions en se préparant à intervenir, y compris par des émeutes armées, au moment où les masses paysannes seront particulièrement mécontentes de la politique du pouvoir soviétique en matière de collectes obligatoires d'état [...]
Source : TsA FSB, 2/329/198-212
Notes
[9]. Sic.