Pas avant le 15 mars 1932
En 1931, à la suite des mesures prises pour liquider les koulaks en tant que classe, la fuite des koulaks de leur lieu d'assignation à résidence a pris une ampleur considérable, à la suite d'une forte propagande menée par les activistes contre-révolutionnaires et à cause des conditions insatisfaisantes de la vie quotidienne. Les chiffres sont les suivants :
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Se sont enfuis de leur lieu de résidence : 308 individus en famille et 58 chefs de famille ou célibataires. Total : 366. En 1931, les organes du Guépéou ont rattrapé 197 individus, dont 138 ont été envoyés en camp et 69 renvoyés sur leur lieu de déportation.
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Se sont enfuis de leur lieu de résidence : 16 477 individus en famille, 10 589 chefs de famille ou célibataires. Total : 27 066.
Pour réussir dans leur entreprise, les koulaks prennent les mesures suivantes : achat de faux-papiers, falsification de documents, vols de feuilles à en-tête (ces vols sont en général commis par des membres de leur famille ou des amis). Avec ces faux documents et ces faux certificats, les koulaks trouvent du travail. Ainsi, une lettre a été adressée au koulak Nedjat Abdoul Kerim, déporté de Crimée, dans laquelle avaient été glissées quatre feuilles à en-tête du soviet rural, déjà tamponnées (une enquête a été ouverte pour identifier l'expéditeur) [...]. Ivan Andreievitch Kostenko, fils de koulak, domicilié à Litka, a reçu un certificat du soviet rural mentionnant que son père était imposé en tant que koulak. Kostenko a gratté le mot « koulak » et l'a remplacé par « bedniak ». Avec ce certificat, il a trouvé du travail au Gosmetzavod (Kertch) [...].
À côté de ces méthodes « artisanales », il existe de véritables organisations qui s'emploient systématiquement à fournir des faux documents aux koulaks en fuite. À Rostov-sur-le-Don, le 9 juillet dernier, a été démantelée une organisation qui approvisionnait les dékoulakisés en faux-papiers. Un certain Chilov, affairiste, dirigeait cette organisation. Il avait soudoyé un certain nombre de policiers de la ville. Chilov, sa compagne, Krysina, une koulak, le fils de celle-ci et deux policiers ont été arrêtés. Une enquête a été ouverte. Dans la ville de Chakhty, nos services ont démantelé en août 1931 une organisation qui s'était spécialisée dans la délivrance de faux-papiers aux koulaks en fuite. L'affairiste Korlychkin, alias Belogourov, Koulikov, Tchervin, Priatkin, Donskov, trois fois condamné et échappé de la prison de Syzran, dirigeait toute cette organisation. 17 individus, dont 15 koulaks, un affairiste déjà plusieurs fois condamné et un invalide sans occupation définie faisaient partie de la bande dirigée par Korlychkin. L'affaire a été jugée en décembre dernier par une troïka, et les inculpés condamnés à diverses peines de défense sociale.
Par ailleurs, les appareils de la Représentation plénipotentiaire du Guépéou de la région du Caucase Nord ont démasqué 17 organisations qui s'occupaient de la fabrication de faux-papiers pour les dékoulakisés et les koulaks en fuite. Les koulaks en fuite participaient eux-mêmes activement à l'activité de ces groupes criminels. La fuite des koulaks est facilitée par l'absence de vigilance de certains dirigeants et fonctionnaires locaux. Les koulaks parviennent aisément à se trouver du travail dans les entreprises, les sovkhozes et les kolkhozes. Dans la République autonome de Crimée, nos services ont repéré 76 koulaks en fuite installés dans 21 kolkhozes. Qui plus est, souvent à des postes de responsabilité (parfois même au poste de directeur de kolkhoze). Sept koulaks en fuite ont trouvé du travail au kolkhoze de la stanitsa Bezjougskaia. À Krasnodar, 190 koulaks en fuite ont été embauchés dans diverses administrations et entreprises.
D'une manière générale, les koulaks en fuite installés dans diverses régions de l'URSS, sont engagés dans des activités contre-révolutionnaires. Ils tentent de s'organiser en bandes, commettent divers actes de sabotage dans les entreprises, pillent et volent les biens des kolkhozes et des sovkhozes, préparent des actes de terrorisme contre les activistes, tentent de passer la frontière et de s'enfuir à l'étranger [...]
Le Chef-adjoint du Département secret-politique de l'OGPU, Korkin
Source : TsA FSB, 2/10/509/34-40