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Chapitre Maltraités à tous Égards Peter Melnycky
Le Lac Spirit doit son nom à une légende amérindienne qui veut qu'une immense
étoile soit apparue au dessus de ce lac. Les Amérindiens y virent là un signal de la
part du Grand Esprit, d'où le nom anglais "Spirit". En français, ce lac est
mieux connu sous le nom de "Lac Beauchamp". Le Lac Spirit est situé à sept
kilomètres et demi à l'ouest d'Amos, en plein coeur de l'Abitibi, un coin du Nord-Ouest
du Québec qui était en voie de développement à cette époque. La ville d'Amos fut
fondée en 1912 à la jonction du chemin de fer Transcontinental et de la rivière
Harricana. Cest au bord de ce lac que le plus grand camp d'internement du Québec fut
érigé. A l'origine, le camp d'internement devait être situé environ 75 kilomètres
plus à l'est, près de Belcourt, mais suite aux pressions exercées par la Chambre de
commerce d'Amos, le camp fut établi au Lac Spirit. La Chambre de commerce avait visé
juste: pendant les deux ans où le camp fut en opération, les dépenses gouvernementales
contribuèrent à augmenter de plus d'un quart de million de dollars le chiffre d'affaires
des marchands de la ville. Un premier contingent de 109 prisonniers autrichiens arriva de
Montréal en janvier 1915. Environ 518 autres, toujours de Montréal, les rejoignirent en
février et en mars. Vers la fin de l'année 1915, on dénombrait au camp du Lac Spirit
plus de 1,210 Autrichiens. Cent quarante six d'entre eux provenaient du camp d'internement
de Valcartier, les autres venaient de Montréal. Au cours de l'année 1916, il y eut des
nouveaux venus de toutes provenances: 141 de Petawawa, 14 de Beauport, 26 de Montréal, 7
de Kapuskasing, 20 de Toronto, 6 de Banff et 118 du camp d'internement Otter qui était
sis dans les Rocheuses 26.
La majeure partie des hommes internés au Lac Spirit provenait de Montréal. En
février 1915, le consul américain qui était en résidence à Montréal à l'époque
estimait qu'il se trouvait, dans son district, 11,000 Austro-Hongrois (soit 9,000 hommes,
500 femmes et 1,500 enfants) alors qu'il n'y avait que 200 Allemands et 45 Turcs. Ceux qui
se "rendaient an front ou qui étaient au chômage, vu l'impossibilité de trouver du
travail" étaient appréhendés et détenus à Montréal pour ensuite être
dispersés dans des camps d'internement. Cest ainsi que 129 d'entre eux furent envoyés à
Kingston, 292 à Petawawa, 500 à Kapuskasing et d'autres au Lac Spirit. A cette époque,
le consul-général des États-Unis à Montréal rapporta que le ministère de
l'Agriculture avait mis sur pied des fermes expérimentales à Kapuskasing ainsi qu'au Lac
Spirit, permettant ainsi aux internés d'apprendre "les techniques agricoles les
mieux adaptées au pays, sitôt le printemps arrivé" 27.
Entre-temps, ce même consul organisa un service de soupes populaires pour les
Autrichiens et les Allemands les plus démunis et il organisa des visites de
porte-à-porte où il constata que "pratiquement tous les hommes étaient au
chômage". En attendant que l'installation du Lac Spirit soit achevée, le
Gouvernement canadien fournissait les fonds nécessaires au Consul, lui permettant ainsi
de nourrir et d'habiller plusieurs centaines de familles, autro-hongroises pour la
plupart. Lorsque cela était nécessaire, il se chargeait même de les loger ou de payer
leur loyer. Le Consul-général dépeignait une image prometteuse, quoiqu'un peu naïve,
des conditions de vie qui les attendaient au Lac Spirit, où des maisons avec des jardins
avaient été préparées pour eux, ce qui offrirait aux enfants et aux femmes des
conditions de vie bien plus saines que celles qu'ils connaissaient dans leurs quartiers
mal-famés.
Il s'agira en fait d'un grand village sans barrières et sans murs, sauf bien sûr ceux
que les occupants voudront bien ériger autour de leurs terrains. Les hommes pourront y
pratiquer leurs métiers ou travailler en plein air, sous les ordres de leurs propres
chefs. Ceux qui désireront y rester après la guerre pourront s'établir aux alentours du
camp sur des parcelles de terre arable d'environ 100 acres chacune. De plus, ils pourront
bénéficier de l'exemple des fermes modèles qui se trouveront à proximité28.
Au printemps 1915, alors que les travaux allaient bon train à Kapuskasing et au Lac
Spirit afin de loger les 400 familles indigentes dont il était responsable, le
Consul-général Pradley faisait état du chômage qui sévissait toujours parmi les
milliers de ressortissants autrichiens inscrits dans son district. Il remarqua par
ailleurs que "les baraques n'attendent pas les hommes démunis qui sont envoyés dans
les camps d'internement dès que des logements sont prêts à les recevoir". Au Lac
Spirit, environ 700 hommes s'affairaient à déblayer le terrain qui devait servir de site
à la ferme expérimentale du Gouvernement canadien. Ils construisaient également des
cabanes en bois rond qui devaient être mises à la disposition "des familles qui
décideraient de s'y établir après la guerre, tout homme pouvant, à l'arrivée du
printemps, s'installer aux alentours du lac sur une parcelle de terre d'une centaine
d'acres" 29.
Le 19 avril, un premier groupe composé de vingt familles avec des enfants, soit
quatre-vingt-douze personnes en tout, prit le train à Montréal à destination du Lac
Spirit. Presque tous les membres de ce groupe étaient des catholiques ukrainiens.
À la suite de leurs demandes, j'ai prévu qu'un prêtre ruthène les accompagne. J'ai
même réussi à leur trouver une gravure de style byzantin de la Vierge qui pourra orner
leur petite chapelle en bois rond30.
Entre cinquante et cent autres familles avaient fait demande auprès du
Consul-général Pradley pour aller vivre au Lac Spirit
Les commentaires de Pradley au sujet des familles montréalaises dont le bien-être
relevait "presque entièrement de lui" sont parvenus jusqu'à nous. Il relate
que son personnel était débordé par les demandes des immigrants dont une très faible
minorité seulement parlait l'anglais, la majorité d'entre eux s'exprimant plus
facilement dans "les dialectes de l'Autriche de l'Est". Il exprima d'ailleurs
très clairement les frustrations qu'il ressentait par rapport à ces gens qu'il
considérait comme étant "des enfants ignares et chamailleurs, dont même les
meilleurs éléments sont constamment en état de déséquilibre" 31.
Suite à une baisse du taux de chômage, le Consul-général Pradley constata, cinq
mois plus tard, en septembre 1915, que sa charge se trouvait reduite à une centaine de
familles. Il s'agissait là d'une diminution connsidérable, lorsqu'on considère que le
Consul devait, à l'origine, s'assurer du bien-être d'environ 500 ou 600 familles 32.
Alors que diminuait l'aide que les autorités consulaires américaines accordaient aux
immigrants sans emploi, celles-ci se voyaient demander d'inspecter les camps d'internement
où se trouvaient les immigrants dont elles avaient assumé la responsabilité
auparavant. Suite à des allégations de sévices, 1e Consulat-général américain
envoya le Vice-consul O. Gaylord Marsh aux camps d'internement de Kapuskasing et du Lac
Spirit avec pour mission de rendre compte de la situation. Le rapport qu'il soumit
concernant 1e camp d'internement du Lac Spirit fut le premier à être effectué par un
observateur étranger. Il y donne d'ailleurs un compte-rendu détaillé des conditions de
vie au Lac Spirit.
A ce moment-là, le Lieutenant-Colonel William Rodden était à la tête du camp. Il
commandait neuf officiers, trente-deux sous-officiers, cent-trente-six gardiens et huit
civils 33.
Marsh commença par situer l'emplacement principal du camp, sur les rives Nord-Est du
Lac Spirit, à un kilomètre et demi à l'ouest de la gare du Lac Spirit. Le chemin de fer
Transcontinental séparait le camp du lac. Sur une élévation rocheuse qui descendait en
pente douce vers le lac, se trouvaient la résidence et le réfectoire des officiers, un
gymnase ainsi qu'un bungalow en rondins. Les prisonniers étaient logés dans dix baraques
de 30 pieds par 78 pieds, lesquelles pouvaient abriter 104 hommes chacune, pour une
capacité totale de 1,040 prisonniers. Ces baraques étaient disposées au sud du camp,
près des périmètres est et ouest du camp. Au centre du camp, il y avait un terrain de
parade autour duquel les baraques des soldats avaient été installées de même qu'une
sentinelle, des magasins, une intendance, un bureau et une cuisine. Le camp était
entouré d'une clôture très haute en grillage avec des projecteurs à chaque coin. Les
barrières étaient fermées le soir pour empêcher les prisonniers de s'échapper:
...une précaution prise pour le plus grand bien des prisonniers qui pourraient ainsi
s'exposer, sans guide et sans provisions, aux rigueurs du pays avoisinant, rempli de
forêts, de lacs et de rivières au courant puissant34.
Les baraques des prisonniers étaient faites de panneaux d'épinette recouverts de
fibre d'épinette et de papier goudronné. Des fondations en pierre supportaient des
planchers recouverts de fibre d'épinette. Les prisonniers dormaient dans des lits à deux
étages, sur des matelas de branches d'épinette. C'est sans doute pourquoi ils recevaient
à leur arrivée cinq couvertures. Chaque baraque était chauffée par des poêles à bois
de quarante pouces, et dans chacune d'elles, on retrouvait deux rangées de tables et de
bancs. Pour chaque baraque, un homme, choisi parmi ceux qui "étaient les plus
intelligents", était nommé capitaine.
Il y avait des latrines extérieures pouvant accomoder vingt personnes et des cuisines
pourvues de cinq fourneaux. Celles-ci desservaient cinq baraques chacune.
A son arrivée, chaque prisonnier recevait un chapeau de feutre mou, un chapeau doublé
de fourrure, deux camisoles et deux chemises de laine, une toile, un manteau en peau de
mouton ou en grosse laine épaisse, des pantalons de travail, deux paires de
sous-vêtements de laine, deux paires de bas de laine épaisse, une paire de gants de
laine, des bottes d'armée et des mocassins d'hiver.
Il y avait également une prison en bois rond qui abritait treize cellules de 4 pieds
par 8 pieds. Les prisonniers avaient le droit de correspondre, bien que leurs lettres
étaient soumises à la censure. Pour ceux que cela pouvait intéresser, il y avait des
cours du soir, trois fois par semaine, en géographie, en anglais et en sciences
agricoles. Il y avait également des plans pour construire une école pour enfants.
La journée de travail des prisonniers commençait à 7 heures 30 et se terminait à 17
heures 30, avec une pause d'une heure et demie pour le déjeuner. Leur travail
s'effectuait soit en plein air, à déblayer environ 500 acres de terres et à les
canaliser, à construire des édifices pour le camp et à construire des routes, ou encore
dans les différentes fabriques qu'on retrouvait sur le camp: la boulangerie, la
cordonnerie, la fabrique de harnais, l'atelier de menuiserie, la fabrique des meubles,
l'atelier du tailleur, la forge et l'atelier de vannerie. Pour chaque jour de travail, les
prisonniers recevaient un salaire de 25 cents qu'ils pouvaient dépenser au magasin du
camp où l'on retrouvait entre autres du tabac, des bonbons, des vivres, du papier, de
l'encre et des plumes. Il y avait un champ réservé aux matchs de football et de
base-ball ainsi qu'à d'autres sports. Les prisonniers pouvaient aller à la pêche et
faire des excursions en canot. L'horaire du dimanche était différent. Après avoir pris
une marche d'environ une heure et après avoir assisté à un office religieux, les
prisonniers pouvaient visiter le village des prisonniers mariés et se divertir.
Les "Autrichiens" étaient omniprésents au camp. En date du 6 octobre, il
n'y avait pas encore un seul allemand au camp alors que 1,135 "Austro-Hongrois"
des "classes ouvrières", dont 67 femmes et 114 enfants, s'y trouvaient déjà.
Il y avait par ailleurs trois Turcs. Bien qu'il n'ait pas recensé l'origine ethnique des
prisonniers dans son compte-rendu, le Vice-consul Marsh confirme la présence de la
chapelle ukrainienne ("ruthène") à laquelle Pradley avait fait référence
dans sa correspondance antérieure:
Une église catholique romaine en bois rond a été construite et meublée de bancs,
d'autels etc. Un prêtre autrichien, responsable des offices religieux, demeure au
village, mais il est en permission en ce moment35.
Au sud du camp principal, il y avait une grosse croix en béton "consacrée par un
évêque ruthène" qui veillait sur un cimetière clôturé. Au moment de
l'inspection du Vice-consul Marsh, deux bébés et un adulte, morts d'une typhoïde
contractée avant leur arrivée au camp, étaient au nombre de ceux qui y avaient été
enterrés. Des croix de cèdre portant les noms des disparus marquaient l'emplacement de
leurs tombes. Au total, dix-neuf prisonniers furent enterrés dans ce cimetière. Deux
enfants furent exhumés et enterrés à nouveau dans le cimetière paroissial d'Amos 36.
Le camp d'internement du Lac Spirit n'abritait pas que des célibataires. En effet, il
y avait également des hommes mariés, qui accomplissaient les mêmes travaux que ceux-ci.
Ils pouvaient cependant vivre avec leurs épouses ou leurs familles dans un village situé
à environ un kilomètre et demi du camp principal, au delà du cimitière. On y
retrouvait des ateliers et des baraques similaires à celles du camp principal, qui
pouvaient abriter d'une à quatre familles. Au moment de la visite de Marsh, un bloc
appartements était sur le point d'être achevé afin d'abriter une vingtaine de couples
mariés sans enfants. Les prisonniers mariés avaient le droit d'apporter leurs meubles,
leurs literies ou leurs tapis afin d'aménager leurs logements.
Il y avait également un hôpital, situé sur une petite colline, à un demi kilomètre
à l'ouest du camp principal, où les prisonniers et le personnel du camp pouvaient
recevoir des soins médicaux. On y retrouvait des salles de consultation, d'examen et
d'opération, de même qu'une pharmacie, une cuisine, un espace commun et deux chambres
privées. Le personnel de cet hôpital se composait d'un officier médical senior, un
officier médical adjoint, un commis préposé à l'inventaire, un sergent, un caporal et
un sergent hygiéniste. Dans son rapport, le Vice-consul Marsh nota que les prisonniers se
montraient en excellente santé. Les longs hivers rigoureux et les étés relativement
courts offraient "un climat des plus salutaires", où les températures
pouvaient fluctuer entre 94 degrés centigrades et 49 degrés centigrades sous zéro.
Bien qu'il fasse menrion de nombreuses tentatives d'évasions — trois d'entre elles
furent d'ailleurs réussies — le compte-rendu de Marsh ne recense pas avec précision
toutes les tentatives d'évasion du camp du Lac Spirit. On retrouve d'ailleurs les mêmes
failles dans le rapport final du Major-Général Otter. Les tentatives d'évasion étaient
très fréquentes, plusieurs prisonniers arrivant à s'échapper. Quelques uns d'entre eux
furent blessés et il y eu quelques morts. Au Québec, deux internés moururent en tentant
de s'échapper. Le premier, John Bauzek mourut de coups de fusils à Montréal en mai
1915. En juin de la même année, un fermier de la région de la Sarre (près de la
frontière ontarienne) fusilla Iwan Gregoraszczuk, un évadé du Lac Spirit qui avait
pourtant reussi à parcourir cent kilomètres avant de trouver ainsi la mort. Il est à
remarquer que le fermier fut emprisonné par la suite 37.
Marsh conclut son compte-rendu en commentant ainsi les conditions de vie au Lac Spirit:
Les conditions d'hygiène et la santé des internés sont excellentes. La nourriture
est abondante et nutritive, les logements sont simples bien sûr, mais ils sont
confortables; les prisonniers ne sont pas surmenés et ils sont traités avec les égards
qu'il convient. Des vêtements confortables leur sont distribués généreusement. Les
prisonniers sont d'une humeur relativement bonne, dans la mesure où ils peuvent l'être,
eu égard à leur situation de prisonniers de guerre38.
Notes:
| 26. |
Jean Laflamme, Les camps de détention au Québec durant la Première Guerre Mondiale (Montréal, 1973), pp. 12-13, 47; Pierre Trudelle, L'Abitibi d'autrefois, d'hier et d'aujourd'hui (Amos, 1937) p. 111; et Archives nationales du Canada (ci-après ANC), RC 117, Vol.20, Dossier: "Movement of Prisoners," le 29 avril 1920. Le chemin de fer National Transcontinental avait été construit par l'État. Il fut éventuellement intégré au réseau ferroviaire du Grand Trunk Pacific lequel assurait la liaison entre Prince Rupert en Colombie-Britannique et Moncton au Nouveau-Brunswick en passant par Edmonton, Melville et Winnlpeg. |
| 27. |
United States, National Archives and Records Administration (ci-après: NARA), 763.72115/1092, Wm. Harrison Pradley, Consul-général des États-Unis à Montréal au Secrétaire d'État, "Situation of Austro-Hungarians, Germans and Turks", le 23 février 1915. Le Consul affirma à ses supérieurs que le ministre de la Justice, qui était chargé de l'internement, était un homme "honnête, d'esprit ouvert" qui suivait la ligne de conduite dictée par le Premier ministre Robert L. Borden à l'effet que "ces pauvres immigrants qui ont été amenés ici pour contribuer au développement du pays ne devraient pas souffrir d'événements européens sur lesquels ils ne pouvaient exercer aucun contrôle." |
| 28. |
Ibid.,
Pour aussi peu réaliste que ce plan de colonisation puisse maintenant paraître, il est pour le moins ironique de constater qu'environ douze ans après la guerre, le Gouvernement du Québec, de concert avec l'agence de colonisation du Chemin de Fer Canadien National, la Saint-Raphael's Immigrant Aid Society, et avec l'aide toute particulière du révérend Josaphat Jean de la Congrégation des pères de Saint-Basile, encouragea des colons ukrainiens à s'établir sur des terres sises au Lac Castanier, à 50 km environ au nord-est d'Amos. Cette tentative de colonisation se solda par un échec, très peu d'immigrants ayant réussi à s'y installer à long terme. Voir Myron Gulka Tiechko "The Inter-War Ukrainian Immigration to Canada: 1919-1939", thèse de maîtrise, Université du Manitoba, 1983; et Jaroslav Rozumnyj "One Immigrant's Saga:
The Sheptycky Colony in Quebec" dans Jaroslav Rozumnyj (éditeur), New Soil - Old Roots: The Ukrainian Experience in Canada (Winnipeg, 1983), pp. 58-70; et Zonia Keywan, A Turbulent Life: Biography of Josaphat Jean O.S.B.M. (1885-1972), (Verdun, 1990).
|
| 29. |
NARA 763.72115/636. Wm. Harrison Pradley, Consul-général des États-Unis à Montréal au Secrétaire d'État à Washington, "Situation of prisoners of war at the camps in Canada", le 20 avril 1915. |
| 30. |
Ibid. |
| 31. |
Ibid. |
| 32. |
NARA, 763.72115/1083, Le Consul-général des États-Unis à Montréal au Secrétaire d'État, "Situation of Austro-Hungarians and Germans in the Montreal Consular District" le 16 septembre 1915. ..."le ministre [de la Justice] a eu la gentillesse de me dire que, sans moi, il ne sait ce que le gouvernement aurait pu faire. En effet, outre les dépenses considérables et la mauvaise presse engendrées par le rassemblement des ressortissants, il y eut des problèmes à travers le pays dans bon nombre des points de rassemblement. Toutefois, dans mon district, le gouvernement n'a eu à dépenser que $20,000.00. Il est certain que l'hiver apportera son lot de problèmes, mais en raison de l'organisation qui est déjà en place, la situation ne saurait être aussi difficile que l'an passé. |
| 33. |
NARA, 763.72115/1246, le Consulat-général des États-Unis (Ottawa) au Secrétaire d'État, Washington, "Investigation of charges of Hermann Grunewald re treatment of Prisoners of War", le 14 octobre 1915. NOTE: des interprêtes civils étaient en fonction dans chaque camp. A Montréal, C.E. Baby avait indiqué qu'il pouvait communiquer dans les langues suivantes: anglais, allemand, roumain, polonais, bulgare, hébreu, croate, russe, hongrois et tchèque. A Beauport, George Maraes indiqua qu'il connaissait le ruthène. Joseph Nordman, qui fut d'abord envoyé au Lac Spirit et ensuite à Kapuskasing, indiqua lui aussi qu'il connaissait le ruthène. Voir ANC, RG 117, Vol.20 dossier: "List of Interpreters at Internment Stations with the languages which they translate", le 15 février 1917. |
| 34. |
NARA, 763.72115/1246. |
| 35. |
Ibid. |
| 36. |
Laflamme, Les camps de détention, pp. 29-31. En tout, 107 internés, dont 69 autrichiens moururent dans les camps, de tuberculose, de pneumonie et de problèmes cardiaques pour la plupart. Quelques uns trouvèrent la mort en essayant de s'échapper. D'autres se suicidèrent. Le rapport final du Général Otter fait défaut de mentionner les blessures moins graves subies par les immigrants. Voir Otter, Internment Operations, p. 12-13. Il y eut cependant quelques heureux événements au camp. Le curé de la paroisse voisine de Sainte-Thérèse d'Amos baptisa 15 enfants nés en captivité. L'"évêque ruthène" auquel il est fait mention est Nykyta Budka de Winnipeg. Budka fut au centre d'une certaine controverse en raison de lettres pastorales qu'il avait écrites concernant les obligations qui incombaient aux Ukrainiens du Canada en tant que réservistes autrichiens. La première de ces lettres fut faussement interprétée par plusieurs comme étant anti-britannique. Au sujet de cette controverse et sur la question des obligations militaires et de l'austrophilie des Ukrainiens du Canada, voir Martynowych, Ukrainians in Canada, pp. 317-318, 325; Swyripa et Thompson, Loyalties in Conflict, pp. 161-165; et Stella Hryniuk "The Bishop Budka Controversy: A New Perspective", Canadian Slavonic Papers XXIII(2) 1981, pp. 154-165. |
| 37. |
Laflamme, Les camps de détention, p. 41; et Otter, Internment Operations, p. 12. Dans "Ukrainians in Quebec: The Formative Years, 1890-1945", un film documentaire produit en 1980, Yurij Luhovy estime qu'environ 50 prisonniers tentèrent de s'échapper du camp d'internement du Lac Spirit. Voir Jars Balan, Salt and Braided Bread: Ukrainian Life in Canada (Toronto, 1984), p. 32. Au camp d'internement de Castle Mountain/Banff, soixante-dix d'entre les 600 prisonniers qui s'y trouvaient tentèrent de s'échapper. Seulement 24 d'entre eux furent repris par les autorités. Voir Bohdan S. Kordan et Peter Melnycky (éditeurs) In the Shadow of the Rockies: Diary of the Castle Mountain Internment Camp, pp. 195-197 (Edmonton, 1991). |
| 38. |
NARA, 763.72115/1246. |
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