Dans le contexte urbain moderne, la transmission spontanée
de l'héritage musical dans un contexte familial et social naturel a cédé la place aux
voies de transmission technologiques, si bien que les réunions sociales de toutes sortes
qui donnaient lieu au chant collectif si répandu chez les Ukrainiens sont animées
aujourd'hui par l'audition passive de cassettes, disques compacts et vidéo-cassettes. Les
Ukrainiens de Montréal, malgré leur petit nombre, fonctionnent à l'intérieur de
structures identiques à celles des plus grands centres (Toronto par exemple) où les
circonstances telles que les anniversaires d'événements ou de personnages historiques,
les rites saisonniers, les fêtes religieuses, les écoles du samedi, les mariages et les
danses ou "zabavas" constituent les principaux réseaux de transmission et de
dissémination de la musique ukrainienne. Le nombre d'occasions musicales est donc aussi
varié à Montréal qu'ailleurs, mais le nombre de participants est plus restreint.
Toutefois, lors des fêtes du millénaire du christianisme en Ukraine, en octobre 1988,
huit grandes chorales constituées en moyenne d'une quarantaine de membres représentant
différents organismes ukrainiens de Montréal ont participé aux célébrations.
 |
Chorales ukrainiennes de Montréal réunies sous la direction du professeur A. Koshetz en 1943. Photographie: J. Sozansky. Archives de l'église catholique ukrainienne de l'Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie. |
Les Ukrainiens qui prennent en charge la continuation de leur
culture en Amérique du Nord doivent assumer cette responsabilité dans un temps restreint
soit les "fins de semaine". L'Ukrainien engagé vit donc sa vie
"canadienne" la semaine et sa vie "ukrainienne" la fin de semaine où
toutes les activités collectives sont concentrées.